paru dans Direct Toulouse, le 10 mars 2011
Les habitués du Théâtre du Grand Rond se souviennent sans doute avoir entendu, au mois d’octobre, le généreux Reno Bistan alors flanqué de son accordéon, mais aussi d’une contrebasse, dont la joueuse se fit remarquer d’un seul et unique morceau chanté à pleine voix.
Noémie Lamour, puisque tel est son nom, est de retour cette semaine dans les lieux, débarrassée de son encombrant instrument mais accompagnée des Tatanos Cesters, pour un tour de chant à teneur garantie en hilarité. Le trio s’est en effet voué à la résurrection des morceaux oubliés de la chanson (plus ou moins) réaliste et les facéties chansonnières des caf’ conc’, dans une atmosphère musicale mêlant les ambiances expressives de la musique de film aux rigueurs du classique et du chant lyrique.
Qu’on en juge, ne serait-ce que par le premier morceau : la bien oubliée Pêche à la baleine de Jacques Prévert, mise en musique et en chanson par les Frères Jacques en des temps lointains, où il est question d’une baleine aux yeux bleus, meurtrière de son pêcheur à coups de couteau de cuisine. Comme disait le poète, "la mer était mauvaise mais la soupe était bonne". La suite l’est tout autant, empruntée à Serge Rezvani, Germaine Montero et quelques autres. (...)
Meurtres, absurde et gaudriole : les ingrédients d’un concert réussi.
